Depuis 80 ans, l’énigme de Glozel tient la science en échec. Cette résistance insolente, contre laquelle sont venus s’éreinter bien des titres, a fait naître une affaire bruyante rendue aussi complexe par ses développements médiatiques et judiciaires que la question archéologique qui l’a suscitée.
            Les publications consacrées au sujet sont innombrables. Aux travaux d’interprétation archéologique et épigraphique se sont ajoutées des études historiques et sociologiques tout aussi nombreuses. Pourtant, les ouvrages d’ensemble restent rares. L’actualité constante de Glozel a certainement favorisé des publications courtes, à caractère événementiel. Ainsi la dernière monographie portant sur l’affaire date de 1979. C’est le Glozel et ma vie d’Emile Fradin, mémoires qui constituent l’ouverture obligée de toute étude du sujet. Il avait été précédé vingt ans plus tôt par deux ouvrages de son beau-frère, Léon Côte : La guerre des briques en 1958 et Glozel trente ans après en 1959.
            La multiplication des publications sur Glozel rend aujourd’hui quasi impossible une bibliographie exhaustive du sujet. Malgré cela, des points de vue n’ont curieusement jamais été adoptés. L’épistémologie, par exemple, aurait dû s’emparer de Glozel pour en faire un cas d’école, et l’esthétique se passionner pour ces formes orphelines, coupées de l’imaginaire qui leur a donné naissance.
            Se plaçant avant tout sur le plan historique, La préhistoire chahutée tente d’intégrer ces perspectives inédites. L’enquête qui y est menée vise à instruire la question et à tirer de cette instruction les interprétations qu’elle autorise.
            L’infinie bienveillance de l’ouvrage pour ces découvertes uniques n’échappera à personne. Elle tient au fait que Glozel, quelle que soit l'interprétation qu'on peut lui apporter, mérite pour le moins d'être soigneusement protégé et conservé. Car à la valeur archéologique de ce patrimoine s'ajoute désormais une indéniable envergure historique qui suffit à justifier sa place culturelle.